Ce-vi de meuf

Mes inscriptions récentes sur Meetic et Tinder me le confirment: Avec les filles y’a un truc qui cloche.

Inscrit depuis 2 semaines sur Tinder, qui est plus ou moins, d’après ce que j’ai compris, l’équivalent en « plus si affinités et limite même si pas affinités » d’une backroom avant le SIDA ou d’un club échangiste pour célébrités, je n’ai pour l’instant reçu aucun like. Tandis que sur Meetic qui est censé avoir provoqué plusieurs milliards de mariages même en Sibérie centrale j’ai un ratio de réponses à mes messages proche du taux de mathématiciens dans les télé-réalités françaises.
Alors je vous avoue que je ne m’en soucie pas plus que ça, bien que cela me cause des petites déprimes passagères, car comme je l’ai déjà dit à une meuf sur internet je ne suis pas photogénique, je suis vie-génique. Cela ne l’a bien-sûr pas convaincue, on a le mojo de la lose ou on ne l’a pas.

Mais peut-être un jour, ma non-concluance récurrente et légendaire m’a-t-elle servie. C’est du moins rétrospectivement, quand je regarde dans le rétroviseur de ma vie comme dirait le poète Cyril Hanounah, ce que je pense parfois…

souvenir
C’était une belle après-midi ensoleillée, je participais à un évènement photographique dont je tairai le nom, j’étais arrivé en retard, un groupe me fut assigné ainsi qu’un thème que je ne dévoilerai pas mais qui ne me plaisait pas. Bon, je suis comme tout le monde, j’ai toujours l’impression quand je tombe dans un groupe mixte tiré au sort que toutes les filles attirantes et/ou intéressantes sont dans les autres. Mais cette fois non. Une fille plutôt mignonne était dans mon groupe. Ce qui en bon loser récidiviste me fit penser: « Tiens encore une jolie fille à côté de laquelle je vais passer ». Bref, nous partîmes à sept/huit pour un voyage de 20 minutes dans le métro où un petit brief sur la suite des évènements fut tenu. Tous et toutes réunis autour d’un instructeur, la fille mignonne était à côté de moi. Je jure sur ma vie que je ne n’étais pas passé chez le coiffeur-barbier la veille, que je n’avais pas de jean qui moulait trop bien mes belles fesses, que je n’avais pas fait de muscu avant de venir, et que je n’avais pas mis de déodorant Axe.

Pourtant, au bout de 2 minutes elle avait le bras appuyé sur mon épaule. Et elle restait appuyée. Un vortex spatio-temporel se créa alors dans mon esprit tant le mouvement renversant mon mojo était puissant. Un effet aussi fort et surprenant qu’un ballon de basket envoyé par Lebron James mal capté retournant un ongle trop long ou qu’une balayette de Teddy Riner. Je fus alors pris d’une immédiate bouffée de chaleur accompagnée du rougissement de rigueur. Et doté d’une timidité à toute épreuve je ne lui décrochais pas un regard et restais immobile, pensant peut-être que tel le phasme sub-tropical de la forêt amazonienne elle finirait par croire que j’étais devenu un poteau de métro par mimétisme. Je peux vous le dire, cette situation m’était déjà arrivée avant, avec une fille présentée comme un peu « nympho », j’ai une résistance au « bras appuyé sur l’épaule sans un regard ni un mouvement en retour mais avec litres de sueur ruisselant sur tout le corps » de plusieurs heures… enfin minutes qui semblent des heures.
Mais bon, le trajet de métro pris fin et comme le thème ne me convenait vraiment pas je décidais de trouver un faux prétexte et de me casser.
Je m’étais sans doute fait un film dans le métro, pensais-je conditionné par des années d’expériences de non-conclusions.

Quelques jours plus tard je regardais quand même sur internet les photos prises lors de cet évènement et je revis cette fille sur plusieurs images, la beauté de son visage ayant sans doute frappé quelques autres photographes. Bon, on est frustré professionnel ou on ne l’est pas, je cherchais son pseudo, puis tous les liens que je pouvais trouver pour la stalker et je ne sais plus si je suis tombé sur une page facebook ou un blog, toujours est-il que je découvrais qu’elle était peintre ou sculptrice ou les deux, je ne sais plus. Etant moi-même blogueur professionnel vivant de ma passion, c’est-à-dire à l’époque ne gagnant rien d’autre que le R.M.I., je connaissais la précarité financière de ce genre de métier et me dis qu’on aurait fait un sacré couple de SDF en me félicitant de ne pas avoir succombé à ses charmes. D’autant plus que je m’étais fait un film me disais-je en moi-même, comme je me suis toujours dit de toutes façons à propos d’une fille attirante m’ayant jeté un regard. Limite même à propos des filles pas attirantes alors bon. Pour moi, avec les filles la défaite vainquait toujours, passons à autre chose. (Autre chose étant utilisé comme métaphore habile signifiant Youporn sans le dévoiler, au cas où une âme sensible ou de ma famille lirait ce post).

Mais des mois plus tard, lors d’un autre évènement orchestré par les mêmes organisateurs je revis cette fille, cette fois maquée avec… un des participants de l’évènement précédent. J’avais remarqué son air de geek à lunettes façon Jerry de Parker Lewis, sa personnalité un peu grande gueule faisant des blagues du club d’échecs, mais aussi son appareil cher à gros objectif et sa stature d’ingénieur en truc pour matheux à boutons d’acnée avec un boulot stable et bien payé. Et ce jour là je me dis (à tort ou à raison mais je pense à raison) que non, je ne m’étais pas fait de film, cette fille était là pour se caser et peut-être surtout pour se payer son matériel d’artiste.

Ce qui me fait me poser deux questions, aujourd’hui avec le recul.
First: De quoi ai-je l’air ? D’un mec tellement ringard qu’il semble une cible idéale pour femme ayant besoin d’une conquête facile ?
Deuxièmement: Ne suis-je pas miraculeusement passé à côté d’un drame ? Cette belle femme sans doute aurais-je fini par l’aimer. Sans doute fort. Sans doute m’aurait-elle un jour trompé, moi le ringard trop facile à  berner. Ou bien en aurait-elle eu marre de moi, elle m’aurait jeté dès qu’elle aurait trouvé mieux en assez riche et aurait brisé mon petit coeur fragile. Ou pire, elle m’aurait petit à petit empoisonné à l’arsenic afin de récupérer l’argent de l’assurance vie qu’elle m’aurait fait contracter cette dangeureuse psychopathe prête à tout pour assouvir sa passion destructrice pour les arts, errant dans un atelier vide de moi mais hanté à tout jamais par mon âme damnée d’innocent coupable du pêché de succomber trop facilement à un joli visage. Obsédée par son geste elle aurait eut une carrière maudite reproduisant la même oeuvre mortifère à l’infini sous toutes formes de peintures et de sculptures noires et grises informes dont seule l’image de la mort et de la souffrance sembleraient émaner…
Bref, soit j’ai sauvé ma vie ce jour là (votez 1), soit ce n’est toujours pas gagné avec les filles (votez 2).

 

 

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