Interview pour le journal Chomedur.

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Depuis qu’il a démissionné de son poste d’agent administratif il y a 5 ans, Clément, 38 ans, n’a pas retrouvé d’emploi. Il faut dire que sa dernière expérience, avec un chef tyrannique, incompétent et égocentrique l’a laissé échaudé. Il ne se projetait plus dans le monde du travail et s’est résolu à démarrer une psychothérapie.
Malheureusement il n’obtint pas de résultat probant. Il n’arrivait pas à envoyer de CV ni de lettre de motivation, tellement il redoutait de travailler à nouveau.
Aujourd’hui il est retourné vivre chez ses parents retraités dans le nord de Paris et c’est sur le banc d’un square du 18ème arrondissement que nous le rencontrons.  C’est plus proche de sa réalité nous dit-il un peu gêné, il n’a pas les moyens de s’offrir un coca tous les jours.

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“J’aime aussi sortir de mon quartier et flâner dans Paris, mais je dois économiser mes titres de transport. Du coup je marche beaucoup, ça me maintient en forme. Le problème c’est que j’use mes chaussures, surtout que ce sont des premiers prix, pas toujours très endurantes.”

Quand on lui demande de nous parler de ses hobbys, ses passions, il nous dit qu’avec son budget réduit, ses centres d’intérêts se sont déplacés, ont évolué.

“J’adore lire les menus des restaurants. Surtout les plus grands et les plus chers, je sais que je n’aurai jamais les moyens de m’en offrir et ça me fait fantasmer. Ca entretient mon imagination et mon aptitude à rêver.”

“Parfois je me poste devant la vitrine d’un restaurant qui me fait envie et je regarde les gens manger. J’ai l’impression de manger avec eux. Mais bon, je ne peux pas rester longtemps, ça fait vraiment bizarre. Pour moi et surtout pour eux. Parfois les serveurs me font signe de partir. Eux ils y mangent gratuitement, ils ne savent pas ce que ça fait, ils ne ressentent pas ce sentiment d’impuissance”

C’est à la fois naturellement et en essayant d’ignorer le côté psychopathologique de la question qu’on lui demande ses bonnes adresses.

“Le quartier de la rue Saint-Anne est truffé de vitrines contre lesquelles mangent des parisiens et des parisiennes solitaires, qui le sont du moins le temps d’un repas.

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Ca me rapproche d’eux. Il m’est arrivé de me poster en vitrine, devant un client ou une cliente et d’essayer de nouer un dialogue muet, avec des gestes. Je dois avouer que ça ne marche pas souvent. Les gens sont de plus en plus individualistes.”

Quand on lui demande comment il organise son budget, parce que quand-même, des restaurants il en existe des plus abordables, il botte un peu en touche.

“Je reçois une petite aide de l’Etat, et j’ai réussi à économiser pour m’acheter un smartphone. J’ai un tout petit forfait mais ça me convient. Je n’ai pas vraiment de vie sociale alors je ne le consomme pas beaucoup. C’est juste pour ma famille, les quelques amis qui ne m’ont pas encore lâché, et surtout si un jour un employeur potentiel devait me contacter. Ca n’est pas arrivé depuis longtemps, mais on ne sait jamais…”

Clément est vêtu d’un jean fin, un peu informe, comme on en trouve à 20 euros chez H&M. Lui dit qu’il l’a chiné au même prix, dans un magasin de l’avenue de Clichy, une vraie caverne d’Ali Baba ou tous les chômeurs dignes de ce nom peuvent trouver leur bonheur. Il porte aussi un sweat-shirt gris clair, banal, acheté 10 euros chez Carrefour. “Une trouvaille ! C’est un 100% coton de qualité et il est bien coupé, on en dégote qu’en hypermarché à ce prix là.”

“Je m’amuse souvent à essayer des tenues dans les magasins et à me photographier dans les cabines d’essayage. Ensuite je poste mes plus beaux looks sur Instagram, comme un blogueur mode. Ce n’est pas facile d’oser ça, mais il m’est déjà arrivé d’entrer dans une boutique de luxe de l’avenue Montaigne et d’essayer des vêtements de défilés de prêt-à-porter. Il faut avoir l’aplomb de se mettre dans la peau d’un vrai client potentiel et de trouver une raison de repartir sans rien. Je n’aime pas trop le faire, me faire passer pour un autre, mentir, baratiner, ce n’est pas trop mon truc. Mais souvent les tenues des grandes marques sont mieux coupées et plus appréciées. Elles me rapportent plus de likes sur Instagram. Il faut aussi savoir user des bons hashtags.“

Sa vision de Paris: U6One immense vitrine où on ne peut pas faire grand-chose sans argent. Lui, la regarde tristement depuis l’autre côté.

“Souvent je m’assois sur un banc public. On ressent la ville vibrer quand on est arrêté. Je regarde les filles passer, c’est ma terrasse de café à moi.

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Je ne suis pas un dragueur. Et être pauvre ça ne donne pas envie de draguer de toutes façons. Si on sait déjà qu’on ne pourra rien offrir d’autre que de vivre d’amour et d’eau fraîche, ça ne motive pas. Encore, à 18 ans c’était envisageable mais à 38, les filles sont des femmes et  attendent plus. C’est comme sur les applis de rencontres gratuites. Sur Happn les trois quarts sont chefs, auto-entrepreneuses, directrices. Ca refroidit direct. On sent que si on ne ment pas sur le CV on a aucune chance.”

Quand on évoque son travail, ses difficultés à retrouver un emploi, Mathieu se referme un peu et baisse les yeux.

“Je sais que c’est important mais je n’y arrive pas. Parfois je perds espoir et je me dis que je vivrais tout le reste de ma vie comme ça. Plus le temps passe et moins j’ai de chance de retrouver un emploi car mon CV comportera un trou de plus en plus grand. Et après tout, le chômage de masse est un phénomène relativement récent et qui sait, certains sont peut-être condamnés à rester chômeurs toute leur vie. »

On comprend que dans sa tête, un avenir se dessine, fait de phobie, de vie par procuration, de sentiment d’impuissance, d’errance. Et quand on pense que la conversation s’oriente de plus en plus vers un chemin qu’on ne veut pas prendre, qu’on ne veut pas imaginer possible, un joyau apparaît là où on ne grattait que de la pierre.

“Parfois je reprends espoir et je me dis que justement un recruteur va penser qu’il est temps de me remettre le pied à l’étrier. Je sais que j’ai un potentiel, j’étais très bon à l’école et j’ai gardé quelques qualités mentales. Peut-être qu’un jour je vaincrai mes peurs, j’aurai un entretien d’embauche et un DRH les verra.

Et puis peut-être qu’un jour je me bougerai, j’arrêterai d’attendre que cela vienne des autres et je créerais ma propre entreprise, ma propre façon de gagner ma vie. J’aime écrire et je rêve de posséder un magasin de baskets… On peut toujours rêver…”

Mais cette lueur d’espoir s’éteint vite soufflée par une vision assez critique du monde.

“Parfois ce monde me fait peur. La capacité qu’ont les êtres humains à salir et détruire la planète sur laquelle ils vivent. La couche d’ozone, la pollution des voitures, des usines, le nucléaire, les excès religieux… Je pense souvent à ça. J’aimerais faire quelque chose pour lutter contre tous ces maux  mais pour l’instant je lutte déjà beaucoup contre moi-même, pour assurer mon quotidien. Faire partie d’une association, avoir un rôle politique quelque part, influencer par son esprit, sa voix, sa plume pour une société plus équilibrée. Si soi-même on ne fait rien on ne peut pas accuser les autres de négligence. C’est aussi pour ça que je vous ai donné rendez-vous dans un jardin public. Parce que c’est la nature dans la ville morne, marron et grise. Ce sont les rires et les cris des enfants. Ce sont des lieux indispensables et on en a pas assez à Paris.”

 

Voilà. Terminer par là où on a commencé mais avec un angle de vue différent, de la sagesse. On se dit que la boucle est bouclée et que même si le ciel de sa vie est nuageux, le soleil brille toujours, c’est juste que pour l’instant il ne le voit pas.

Alors pour voir s’il sait aussi parler futilités on lui a posé des questions légères avec pour seule  consigne, que ses réponses le soient aussi.

 

Votre coiffeur préféré ?
Je me fais la boule à zéro moi-même avec une tondeuse. C’est beaucoup moins cher et on m’a dit que ça m’allait pas si mal.

L’émission de télé pendant laquelle vous êtes injoignable ?
Vraiment injoignable il n’y en a pas, mais j’avoue que lorsque je suis devant “Touche pas à mon poste” ou un match de NBA il est préférable de ne pas attendre une réponse urgente de ma part.

L’émission de radio ou le podcast dont vous guettez la diffusion ?
J’étais très émission de radio en direct mais je suis devenu presque totalement podcast. J’aime écouter “La tête au carré”, “Le Tony Parker show” et “Studio 404”.

La série dont vous ne pouvez pas vous empêcher de regarder 10 épisodes de suite ?
Je ne regarde pas beaucoup de séries. Je suis assez friand de sitcoms. Là je me débrouille pour télécharger “The Big Bang Theory”. Je ne préfère pas vous dire si c’est légalement ou illégalement ;)
Cet hiver je compte m’abonner à Netflix et récupérer mes dix ans de retard sur la dizaine de séries qui ont fait le plus de bruit. Je vais essayer de tout voir pendant le premier mois gratuit.

Un petit café sympa dans le coin ?
Je ne fréquente pas les cafés. Par contre un petit resto sympa: “Le Sapin” dans le dix-neuvième, boulevard de la Villette. Un bon service et du bon miam.

La meilleure pizza de Paris ?
Ha ha ! Je ne prétendrais pas connaître la meilleure pizzeria de Paris. D’ailleurs tout le monde a SA meilleure pizza. La mienne: La calzone parigino  chez In bocca al luppo rue Francoeur.

L’objet dont vous ne voudriez vous détacher sous aucun prétexte ?
Je dirais mon ordinateur portable. C’est un modèle hyper rare. Une collab Chromebook – Apple – Toshiba, qui grâce à un disque dur SSD me permet de surfer sur le web à la vitesse d’une tablette, avec l’ergonomie d’un ordinateur à clavier, dont je me sers beaucoup pour écrire. Je l’ai payé seulement 200 euros en solde.

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On remercie Clément pour sa courageuse sincérité,et touchés, on espère simplement le meilleur pour lui.

 

Ondes sensuelles

Etre le seul garçon avec 1 soeur et 2 cousines (en France, je précise, car j’ai un cousin israëlien en Belgique et une cousine en Israel que je ne vois pas souvent) comporte quelques désagréments comme le fait de ne jamais jouer au foot avec elles. Alors je sais que certaines filles aiment jouer au foot, mais ce n’est pas leur cas. Pourtant, se trouver dans cette configuration comporte aussi quelques avantages, que j’appellerai sobrement leurs copines.
Moi qui était quand même relativement timide avec les filles, je fus mis en contact grâce à elles avec quelques personnes de composition chromosomique féminine totalement à mon goût. Si je n’en ai jamais profité c’est dû à ma timidité et à ma bêtise, mais je l’affirme aujourd’hui, quitte à faire vasciller mon image de gentleman ou plutôt de gentil garçon, certainement pas à mon manque d’envie.

Bref…
Il y a quelques jours j’étais au mariage de ma cousine. Aimant beaucoup danser, elle a quelques copines sans doute rencontrées lors de ses pérégrinations dans des soirées ou des cours de salsa et autres zumba, kuduro ou kizomba.
Des copines qui aiment danser et qui dansent bien.

Vous avez peut-être lu ce post ou je raconte ma rencontre avec une fille que je trouvais très belle, qui m’avait demandé un renseignement dans le métro, que j’aurais voulu voir se rapprocher de moi et qui au contraire s’était éloignée.
Eh bien j’ai vécu une expérience différente il y a quelques jours au mariage de ma cousine.

Je prenais des photos du lieu du mariage, une plage privée, quand je l’ai vue pour la première fois. Je ne l’avais pas remarqué mais elle attendait sagement et gentiment que je finisse pour se rendre dans ma direction. Elle était brune, dans une robe rouge un peu moulante mais pas complètement collée au corps, laissant deviner des formes homologuées par le MIGPA, le Matyeu Institute of Girl’s Physical Appearance, sans entrer dans la catégorie méprisée surtout par la gent féminine de la fille vulgaire. Un petit visage un peu rond, un petit nez droit et pointu, une peau mate, un profil dont la beauté ne possédait nul égal sauf son visage de face.
Quand je l’ai croisée je me suis dit: Jamais déçu par les couz. Mais je ne pensais pas qu’elle m’ait calculé d’aucune façon. Out of my league. En plus elle devait être casée avec des enfants, comme l’immense majorité des invitées. Donc voilà quoi, on passe à autre chose.

La soirée battant son plein, l’alcool coulant à flots, la première partie du repas touchant à sa fin, c’est naturellement que la piste de danse, alimentée par des morceaux grand public se remplit de kizombeuses, de mecs de kizombeuses et autres chalands. La sono me perçant les tympans je décidais de m’éloigner un peu. A mon retour, une situation inattendue, emportées par la fièvre de la danse, des filles s’étaient mises à se déhancher sur une table. Parmi elles, la fille à la robe rouge. Elle dansait pile en face d’un mec qui semblait faire tout son possible pour l’ignorer. Sur le coup je m’en suis douté et j’en eus la confirmation plus tard dans la soirée, aussi bizarre que cela puisse paraître, c’était son mec. Il semblait avoir honte, ou penser « arrête de te donner en spectacle comme à chaque fois », ou un truc du genre. Blasé par sa copine, comme dans un épisode de Confessions intimes.
Alors il faut savoir que je suis une sorte de vigile sur pattes, j’ai un regard qui se balade partout. J’observe tout et tout le monde et croise le regard de toute personne me regardant. Certaines filles prennent cela pour une marque d’attention particulière en leur faveur, sauf que je fais ça avec toutes les filles. Et tout le reste de l’humanité.
Alors je ne sais pas, peut-être mon regard et mon attitude m’ont-ils trahis, mais j’ai eu l’impression que la fille à la robe rouge, que j’avais pas mal observé mais dont je n’avais que très très peu croisé le regard, m’observait aussi très très discrètement.
Et tout en dansant avec ses copines, au lieu de s’éloigner comme la fille dans le métro, elle se rapprochait de moi.
Et continuait de se trémousser, malgré la fatigue qu’on pouvait lire sur son visage qui se creusait. Comme si chaque chanson rechargeait sa jauge de vie.

Jusqu’au moment où elle se posta pile en face de moi, à 1 mètre. Levant et ondoyant ses bras avec grâce, se tournant et se retournant, sans croiser mon regard, qui pour une fois se baissait par gêne, mais se redressait aussi par intérêt, dans un mouvement oscillatoire continuel.

La fin du morceau scellait notre (ou mon) péché et je dus partir immédiatement, sur cette impression que la vie pouvait parfois apporter des bonheurs inattendus, même si, et malheureusement, éphémères. Malgré son dessein, rendre son mec jaloux, une impression de légèreté et de merveilleux emplit mon esprit, et ne m’abandonna pas jusqu’à ce que je tombe dans les bras d’une autre déesse, Morphée.

 

 

Intrications

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Très instructif. Entre la tentative de l’employé de Youtube d’influencer les questions de la Youtubeuse. Les questions pertinentes ayant émergé de sa « communauté » de « jeunes » qu’on attendait peut-être pas si pertinente. Les réponses convenues de Juncker aguerri à cet exercice. La vraie-fausse naîveté de l’intervieweuse, qui si elle avait été journaliste aurait sûrement été critiquée pour ne jamais avoir poussé Juncker dans le moindre de ses retranchements. Le fait qu’elle ait en gros multiplié par 10 son nombre de vues moyen pour l’occasion et qu’elle nous incite à partager la vidéo pour que « Youtube reste libre ». Youtube qui la félicite hypocritement et lui propose des sous pour devenir son « ambassadrice », c’est-à-dire la faire communiquer de manière positive. Youtube appartenant à Google, notoirement connu pour avoir eu des problèmes avec la France au sujet de sa fiscalisation… Et la cerise sur le pompom du gateau: tout ça est publié sur Youtube, dont le Community Manager doit être en train de s’injecter de l’endorphine par les ongles pour ne surtout pas avoir une mauvaise réaction face à la situation.

Bref, si ça vous intéresse un article est disponible LAAAAAAAAAA ! Et il mène vers tous les liens utiles à sa compréhension.

J’ajoute toutes les interviews réunies en une seule sur le compte Youtube de la Commission Européenne, l’EUtube (non, pas l’ENtube), et cela gratuitement, sur simple reçu d’un paiement via paypal d’exactement 0,00 euros. Elles sont traduites en Allemand, Français et Anglais.


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Elle y était

Cher blog pas intime.

Aujourd’hui, sur le quai de la station Trinité la plus jolie personne qui m’ait jamais adressé la parole m’a demandé quelle était la station la plus proche de la Place de Clichy.
Elle était brune, bronzée, habillée d’une longue veste kaki et de ballerines kakis. Je n’ai pas fait attention au reste de ses vêtements. Son visage était un peu ovale, elle avait des yeux marrons et des cheveux bruns, une bouche assez pulpeuse, des pommettes arrondies .
Je lui ai répondu que c’était la station Place de Clichy. Elle m’a répondu « oui, mais… ». Elle avait déjà demandé à quelqu’un d’autre. Je voulais tellement l’aider que je lui ai dit qu’il fallait changer à Pigalle et prendre la ligne 2 direction Nation, alors que c’était Porte Dauphine. Elle le savait déjà (qu’il fallait prendre la ligne 2).
Puis, elle m’a demandé si c’était long pour y aller à pieds de Pigalle. Je lui ai dit: « un peu, dix minutes ».
Le métro est arrivé, elle m’a dit merci d’un ton détaché, sans me regarder, toute à son itinéraire ou à son téléphone, je ne sais pas. Elle s’est éloigné de moi, comme si elle avait deviné que je voulais au contraire qu’elle reste près de moi. Comme si elle avait vu qu’elle me plaisait et qu’elle ne voulait pas de ça.

A Pigalle je l’ai guettée, elle est descendue et s’est dirigée vers la sortie. Ou la correspondance, je ne sais pas.

Plus tard j’ai regardé si elle était sur Happn. Et elle y était… pas.

Depuis je chante des chansons avec le mot « amour » dans ma tête, je suis un peu triste et je vois son visage. J’espère que ça va vite passer.

Rio. Basket. France. USA.

Parlons Jeux Olympiques de Rio, plus précisément parlons de ce sport où on fait rebondir un gros ballon orange parsemé de minuscules picots dans le but de le faire rentrer dans un cercle au diamètre légèrement plus élevé: le basket-ball.
« Alors pourquoi faire rebondir la balle ? » me demanderez-vous. Parce que sinon on a pas le droit de faire plus de 2 pas avec.
« Alors pourquoi n’a-t-on droit de faire que 2 pas avec ? » me demanderez-vous. Parce qu’on a essayé sans cette contrainte et qu’il y a eu des morts. (Enfin, je ne vois pas d’autre raison. Sinon pourquoi n’a-t-on pas le droit d’envoyer le ballon en avant au rugby ? Pourquoi n’a-t-on pas le droit de toucher le ballon de la main au foot ? Pourquoi n’y a-t-il carrément pas de ballon en natation ?)

Basket ball

Bien. Maintenant qu’on a écrit n’importe-quoi en préambule, entrons dans le vif du sujet:
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Goldblum contre Goliath

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Independance Day fut un succès au box-office. Blockbuster assumé, à la pointe au niveau des effets spéciaux et succès populaire, critiqué mais parfois aussi jalousé en France, pour son patriotisme américain exacerbé.
Et puis il y avait Will Smith, au début de sa carrière au cinéma, qui a été lancé comme tête d’affiche dans un rôle de héros positif et cool (aujourd’hui on dirait badass).

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Si Independance Day avait porté le cinéma d’action à un niveau supérieur, ce n’est pas le cas pour son sequel, Resurgence.
Parlons tout-de-suite de la 3D. Après-avoir vu un trailer aux effets spéciaux assez alléchants, j’ai eu envie de regarder le film en 3D. Verdict: Elle n’est pas un gros plus. De nombreuses scènes ne nécessitent pas particulièrement ce traitement mais j’avoue que certaines en tirent bien parti. Elle participe aussi à l’immersion du spectateur en le maintenant captif, notamment dans les temps-morts, où l’intrigue avance lentement.
Bref, on peut s’en passer mais à mon avis c’est mieux avec.

La musique a été composée pour le film, elle se fond dans le décor, on y prête pas vraiment attention, elle ne dérange pas.

Même si on retrouve certains acteurs du premier volet, l’absence de Will Smith se fait cruellement sentir. On a beau distribuer les punchlines équitablement à tout le monde, personne ne les porte au niveau de la superstar.
A part Jeff Goldblum et Charlotte Gainsbourg, je ne connaissais aucun nom d’acteur de ce film et je n’ai pas eu spécialement envie de me renseigner après, comme je l’avais fait pour Daisy Ridley dans le dernier Star Wars.

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Parlons maintenant de l’histoire. 20 ans après leur première visite, les aliens redébarquent sur Terre. Pendant 20 ans, les Terriens, unis par cet évènement extraordinaire, ont fait des progrès monstres du point de vue technologique, en pompant allègrement ce que leurs ennemis leur on laissé bien malgré eux. Ils sont, par exemple, parvenus à ériger une station sur la lune vers laquelle on peut voler en quelques minutes grâce à des navettes utilisant les technologies alien. Mais voilà, ces mêmes aliens ont décidé de revenir récupérer les leurs, qui ont été capturés et mis en prison, ainsi qu’un de leur vaisseaux échoué en Afrique du Sud. Du moins c’est ce qu’on croit au départ, mais j’en ai déjà trop dit.

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La narration est parfois un peu décousue. Ainsi, (Spoiler) on ne comprend pas vraiment combien de vaisseaux alien ont atterri. (Fin du Spoiler). Elle contient aussi bon nombre d’ellipses bien pratiques pour faire avancer le scénario sans se soucier d’un quelconque réalisme.

On retrouve quelques clins d’oeil à l’épisode précédent, c’était attendu, mais pas trop de fan service. Il s’agit surtoutde se positionner dans le récit, décrire ce qui s’est passé entre-temps.

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Ici, le « fils de Will Smith » qui est devenu pilote contemple la photo de son père qui pose avec sa mère et lui.

L’histoire est d’ailleurs assez lente à se mettre en place pour un film d’action. En fait, durant tout le film alterneront scènes posées et survitaminées. Quand c’est calme on est parfois à la limite de l’ennui et quand ça s’agite c’est certes spectaculaire, d’autant plus en 3D, mais parfois un peu brouillon.

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On ne passe pas à côté de certains poncifs du genre. Les personnages qui s’en sortent quelque soit la difficulté, par exemple à 12 contre 10 000 vaisseaux aliens (j’exagère un peu). Les pilotes qui plaisantent alors qu’ils sont 12 et doivent se battre contre 10 000 vaisseaux aliens. Ou encore les situations compromises qui se résolvent à la dernière seconde.

Roland Emmerich, le réalisateur, est fidèle à sa réputation de destructeur. Quand atterrit un énorme vaisseau alien au début du film, cela provoque la démolition de plusieurs villes, même plusieurs pays, monuments emblématiques forcément compris.

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Il laisse également une énorme porte ouverte à un troisième épisode (attention spoiler) où les Terriens se déplaceront jusqu’à la planète alien pour la détruire. (Fin du spoiler)

En résumé, ce film est un blockbuster à l’ancienne qui, malgré quelques efforts, peine à se hisser au niveau du premier volet. Les effets spéciaux (3D comprise) y sont, certes, bien plus avancés et réussis. Mais pas en comparaison de ce qui se fait aujourd’hui. J’ai bien été pris dans le film, même si vers la fin je me suis un peu ennuyé, mais je n’en ressort pas dans un état d’enthousiasme ou d’exaltation. Contrairement à une partie de la salle qui m’a surpris en applaudissant à la fin.

The show must go on air

Le pitch (Je préfère les Pitch aux DooWap d’ailleurs, pas vous ?) : Un présentateur télé est pris en otage pendant son émission sur les marchés boursiers, par un jeune homme ruiné, à cause, dit-il, d’un de ses conseils qui s’est révélé catastrophique.

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Il s’agit avant tout d’un film de suspense plutôt bien mené. Il effleure le sujet de la finance, nous rappelant au passage qu’aujourd’hui la majeure partie des échanges boursiers sont effectués par des ordinateurs, et ne traite pas vraiment d’un quelconque sujet en profondeur, si ce n’est presque celui de la télévision américaine. Des efforts de réalisme et de crédibilité ont d’ailleurs été apportés à ce propos mais l’histoire finit par être une exagération plus spectaculaire qu’authentique. On dit souvent que la réalité dépasse la fiction, ici c’est le contraire.

Lee Gates - Georges ClooneyGeorges Clooney y campe un cliché de présentateur star, odieux et arrogant en off mais ultra sympathique et grand showman lorsqu’il est on air.

Julia Roberts

Julia Roberts joue le rôle de « son oreillette ». Elle est maîtresse du rythme de l’émission, aide le présentateur lorsqu’il a un trou de mémoire, et essaye d’influencer son discours avec sa propre sensibilité.
Les deux personnages, quoique complices, sont assez antagonistes. Lee Gates (George Clooney) est un hyperactif qui ne supporte pas l’ennui et la solitude tandis que Patty Fenn (Julia Roberts) qui essaye de lui vanter les vertus de la tranquillité semble un peu « plan-plan » à ses yeux. Leur professionnalisme et le fait qu’ils soient proches collègues de travail depuis plusieurs années les rassemble.

Kyle Budwell

Le rôle du preneur d’otage Kyle Budwell est interprété par Jack O’Connell. Il a un discours assez commun sur les médias, qui ne pensent qu’à eux, disent tout et son contraire pour remplir l’espace médiatique et toucher l’argent de la publicité; qui font partie d’un système dont font aussi partie les marchés financiers, les banques, les patrons, les politiques, qui mentent, manipulent et gagnent beaucoup d’argent plutôt facilement alors que le peuple trime pour des broutilles et pour faire marcher le capitalisme comme des moutons.

Personnellement j’ai adhéré au jeu des acteurs, aucun ne dénotait, ils m’ont fait vivre l’histoire à 100%.
D’après ce que j’ai compris en lisant des critiques, ce thème avait déjà été plus ou moins traité dans d’autres films que je n’ai pas vus.
Même si ce discours est sans doute plus difficile à tenir pour un film américain, l’auto-critique étant la critique la moins aisée à faire, il est aussi tout simplement une partie du décor d’un film de suspense.

Un film dans lequel (attention spoilers) des policiers passent dans des conduits d’aération pour rejoindre le studio télé où a lieu la prise d’otage. Mais aussi un film dans lequel un discours bien-pensant typiquement américain, destiné à attirer la sympathie des télespectateurs avec des bons sentiments échoue lamentablement. (fin des spoilers)
Des clichés irréalistes mélangés à un point de vue plus subtil et intelligent. Des poncifs auxquels on est habitué mêlés à des effets de surprise qui fonctionnent.

Je suis allé voir ce film d’abord pour ce décor, le monde médiatique, la télévision étant des sujets qui m’intéressent particulièrement. Et j’avoue que même si je n’ai pas trouvé qu’il s’agisse d’un grand film je ne me suis pas ennuyé, il ne m’a pas déplu.
Bémols: La fin est irréaliste et un peu bâclée.
Un bon point pour le jeu d’acteurs et un autre pour les moments d’originalité saupoudrés dans ce film.